Article de recherche

Sept cent mille toits

L’empreinte bâtie du Gabon vue de l’espace : où sont les toits, quelle taille ils ont, quelle confiance on leur accorde, et ce qu’un seuil de confiance retire.

Auteurs
Hodologic Research
Publié le
4 octobre 2026
Longueur
13 pages, 6 figures, 2 tableaux
Couverture de l’article

Résumé

Quatre résultats

Google Open Buildings v3 est le premier inventaire de bâtiments qui couvre tout le Gabon. Un modèle lit des images satellite et trace un contour autour de chaque toit qu’il reconnaît, avec sa surface au sol et un indice de confiance. Cet article décrit ce que ce jeu de données contient pour le Gabon, pour que celui qui l’utilise sache ce qu’il compte. Nous le découpons sur le pays, 738 615 empreintes gardées sur 9 480 086 lues, 29 refusées et comptées, et répondons à quatre questions : où sont les toits, quelle taille ils ont, quelle confiance le modèle leur accorde, et ce qu’un seuil de confiance retire.

Les toits sont concentrés à l’extrême. Ils occupent un vingtième du territoire, et dans ce vingtième 10 % des cellules occupées tiennent 89 % des toits. L’agglomération de Libreville en tient à elle seule 55 % ; les dix plus grandes taches bâties, 85 % ; quinze villes, 75 %.

Les toits sont petits. L’empreinte médiane fait 71 m² ; 14 % font moins de 20 m², une taille à laquelle le modèle voit peut-être un appentis ou une ombre plutôt qu’une habitation. Tous les toits ensemble couvrent 76 km².

La confiance est la plus basse là où les toits sont isolés et là où ils sont serrés. Nationalement, 29 % des empreintes ont un indice inférieur à 0,75. Dans les cellules rurales dispersées, 54 %. Dans les îlots urbains les plus denses, 36 % à Libreville et 44 % à Port-Gentil. Partout entre les deux, 27 à 29 %.

Un seuil de confiance retire donc d’abord les hameaux et les quartiers informels, et non du bruit au hasard. Une coupe à 0,75 conserve 71 % des toits du pays mais 46 % des toits dispersés ; une coupe à 0,80 en conserve 54 %. Qui applique un seuil devrait publier, à côté, ce qu’il retire dans ces deux tissus.

Mots-clésempreintes de bâtiments · Open Buildings · peuplement · confiance · Gabon

Méthodes

Comment les toits ont été comptés

Trois scripts Python et un moteur de rendu de cartes, quelques minutes sur un ordinateur portable.

Le découpage. Quatre tuiles S2, 9 480 086 empreintes, sont lues ligne à ligne ; une empreinte est gardée si son centroïde tombe dans l’une des neuf provinces. Chaque ligne est comptée comme gardée, hors du pays, ou refusée avec sa raison (28 géométries à plusieurs anneaux, 1 non conforme), et le producteur refuse d’écrire si les trois ne somment pas aux lignes lues. Deux personnes ont refait le découpage avec deux méthodes ; les comptes provinciaux coïncident.

Cellules, classes, taches, villes. Les empreintes sont comptées dans des cellules de 0,01° (environ 1,1 km). Les cellules forment cinq classes de peuplement selon leur compte : dispersé (1 à 9), hameau (10 à 49), village (50 à 199), bourg (200 à 999) et ville (1 000 et plus) ; les cellules occupées qui se touchent forment des taches bâties ; quinze villes sont décrites à moins de 11 km de leur centre.

La confiance contre la densité. L’indice est mesuré contre la densité locale à deux échelles : nationalement dans les cellules de 1,1 km, et dans cinq villes dans des îlots d’un hectare. Pour chaque classe de densité : confiance moyenne, part sous 0,75, surface médiane des empreintes.

Résultats

En quatre chiffres

Open Buildings v3, découpé le 15 septembre 2026.

55 %

des 738 615 toits détectés du pays sont dans la seule agglomération de Libreville ; les dix plus grandes taches bâties en tiennent 85 %.

71 m²

d’empreinte médiane. 14 % des empreintes font moins de 20 m² ; ensemble, elles couvrent 76 km² de sol.

54 %

des toits ruraux isolés ont un indice de confiance inférieur à 0,75, contre 27 à 29 % dans les hameaux, villages, bourgs et villes.

36–44 %

sous 0,75 dans les îlots les plus denses de Libreville et de Port-Gentil : les quartiers informels sont les moins sûrs après les hameaux.

À lire avecDétecté n’est pas vérifié : une empreinte est la conjecture du modèle, que seul son indice qualifie. Les images n’ont pas de date publiée, un toit n’est pas un ménage, et sous le couvert forestier le satellite ne voit pas.

Références

Œuvres citées

  1. W. Sirko, S. Kashubin, M. Ritter, A. Annkah, Y. S. E. Bouchareb, Y. Dauphin, D. Keysers, M. Neumann, M. Cissé et J. Quinn. Continental-scale building detection from high resolution satellite imagery. arXiv:2107.12283, 2021.
  2. Google Research. Open Buildings v3, jeu de polygones, CC BY 4.0. https://sites.research.google/open-buildings/

Hodologic Research (2026). Sept cent mille toits : l'empreinte bâtie du Gabon vue de l'espace. 4 octobre 2026, 13 p.

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